Le scaphé

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Traditionnellement on attribue l'invention du scaphé à Aristarque de Samos vers le 3ème siècle avant notre ère. Il s'agit d'une demi-sphère creusée dans un bloc de pierre, posé horizontalement, avec un gnomon dont l'extrémité est au centre de l'hémisphère. Seule l'extrémité du gnomon sert ici à marquer le temps. Il peut être vertical comme ci-dessous ou horizontal. Il peut même être réduit à une boule tenue au centre par des fils. Quelques modèles anciens sont connus.


Neuss / Novaesium
Il indique les heures inégales

Scaphé moderne (réalisation J.-P. C.)
Il indique les heures solaires égales.

Il est dit qu'un tel cadran fut utilisé par Eratosthène dans son estimation de la circonférence terrestre, pour mesurer l'angle d'inclinaison des rayons solaires à Alexandrie.

Le cadran réalisé au Village Gaulois est une variante du scaphé classique où le gnomon est l'oeilleton de la toiture.

Les sculpteurs se sont rapidement débarrassés de la partie de la pierre qui n'était jamais concernée par l'indication de l'heure. Ce qui a conduit au modèle plus courant de l'"hemicyclium", auquel le nom du moine-astronome Bérose est souvent associé. Par simplification, il est parfois aussi appelé scaphé.


Pompéi

Al-Khainoun - Afghanistan

Il a aussi existé en peu d'exemplaires le scaphé à oeilleton dont celui de Carthage est le plus connu. Il était conçu pour reposer sur base de telle sorte que l'ouverture circulaire est à l'oblique vers le bas. L'oeilleton est alors au sommet, sur la surface sphérique, et projete une tache de lumière sur la surface intérieure, où est tracé un réseau de lignes horaires dont l'expression mathématique est très complexe. En ce sens le scaphé du Village Gaulois n'est pas un scaphé à oeilleton.


Scaphé de Carthage - Musée du Louvre

 

Sources :

Jérôme Bonnin - La mesure du temps dans l'antiquité -Les Belles Lettres -2015
Sharon L. Gibbs - Greek and Roman sundials - Yale University Press - 1976
Savoie (D.), Lehoucq (R.), "Etude gnomonique d'un cadran solaire découvert à Carthage", in Revue d'Archéométrie, 25, 2001, p. 25-34
Vitruve - De Architectura - Livre IX