Les cousins

Il existe un grand nombre de sculptures ou de gravures, pas seulement en Bretagne, qui présentent une forme généralement circulaire avec un ensemble de traits rayonnant. Pour certains d'entre eux la tradition locale ou des travaux savants les désignent volontiers sous le nom de "cadran solaire". Pour d'autres, plus discrets, un coup d'oeil rapide pourrait y faire penser. Mais ce ne sont pas des cadrans solaires. En Bretagne on trouve ce genre de réalisations en plusieurs localités telles que :

Briec-de-l'Odet, Clohars-Fouesnant, Grand Auverné, Gosné, Langonnet, Locmaria-Grand-Champ, Lohéac, Mûr-de-Bretagne, Penvenan, Perros-Guirec, Pleubian, Ploulec'h, Plounéour-Ménez, Renac, Rennes, Saint-Eloy, Soulvache, Le Tréhou, etc.

Quelques exemples Retour
Photos J.P. C., P.L., Monuments Historiques.

 

  CLOHARS-FOUESNANT (29) : Eglise : Ensemble réalisé avec 24 triangles de schiste collés sur du ciment. Une réalisation semblable figure sur une ferme de la commune.
GOSNÉ (35) : Gravure circulaire concentrique sur pierre. Le cercle intérieur renferme le monogramme IHS. Il est entouré de 8 rayons qui aboutissent à une couronne étroite divisée en 13 secteurs, ornée extérieurement de 13 boules.  
  LANGONNET (56) : Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul : très beau cadran d'horloge gravé sur schiste, daté de 1703. Noter les chiffres inférieurs de IV à VIII à l'envers.
LOÉHAC (35) :Sculpture semi-circulaire avec une coquille St-Jacques au centre et 17 rayons en profond relief. La coquille Saint-Jacques est une source fréquente de confusion avec un cadran solaire  
  PENVENAN (22) :Chapelle ND de Port-Blanc. Chaire à prêcher de 1634 avec un cadran d'horloge comportant deux fois le chiffre XII, mais pas le chiffre XI. Il inclut un sablier ailé symbole de la fuite du temps. Des inscriptions donnent les noms du commanditaire (Ian de Rin) et du recteur (Yves Richard).

 

PERROS-GUIREC (22) :Eglise St-Jacques. Sur les façades méridionale (A gauche) et septentrionale (A droite), les pierres au sommet de l'entourage d'ouvertures en forme de meurtrière présentent l'une trois traits à 45°, l'autre un arc de cercles et deux rayons. Ces gravures, sans doute purement décoratives, pourraient faire assimiler ces pierres à des pierres de réemploi, ayant porté un cadran canonial à 3 ou 4 secteurs. Ces deux pierres remontent au 12ème siècle.

 

PLEUBIAN (22) : Pilier du muret de clôture de l'église. Pierre verticale comportant 14 rayons, assimilable à une coquille Saint-Jacques à l'envers.  
PLOULEC'H (22) : (A gauche) Eglise. Motif circulaire de 30 cm de diamètre, avec 12 rayons, gravé sur le linteau d'une porte murée de l'ancien ossuaire (16ème siècle) .

(A droite) Le Yaudet : sur une plate-forme rocheuse, gravure circulaire assimilable à une rose des vents, d'un diamètre de 60 cm. et divisée en plusieurs secteurs par des rayons alignés à quelques degrés près sur les huit directions cardinales principales. Quelques directions intermédiaires se distinguent. Les branches Nord et Ouest sont prolongées à l'extérieur. Une petite excroissance semi-circulaire semble indiquer la direction du coucher du soleil au solstice d'hiver. Plusieurs hypothèses ont été avancées : soleil préhistorique, rose des vents tracée par les Vikings; cadran solaire; estimation des marées; enfin sa proximité avec l'emplacement d'une batterie de canons au 18ème siècle peut lui avoir fait jouer un rôle dans l'usage de cette batterie.

 

  RENAC (35) : Cadran d'horloge tourné d'un quart de tour, gravé sur une plaque de schiste avec des chiffres romains.

 

RENNES (35) : Parc de Beauregard : Alignement du XXIème siècle. Oeuvre posthume d'Aurélie Nemours. Ensemble de 72 colonnes de granit, assemblées en 8 rangées alignées sur le méridien. Elles ont une section carrée (90 cm) et sont hautes de 4,5 m. Leur espacement est 1,8 m dans le sens nord-sud et 2,7 m dans le sens est-ouest. Les ombres des pierres d'une rangée nord-sud se couvrent mutuellement au passage du soleil au méridien.  
LE TRÉHOU (29) : (A droite) Eglise. C'est un grand disque de schiste avec une aiguille semblable à celles des anciennes horloges monumentales. Elle porte à ses extrémités un croissant de lune et une fleur de lys. Traces de circonférences sur la surface du disque. Etait ce l'horloge founie par l'horloger Jean Le Bourhis en 1791, dont le cadran fut peint par Gille (et garantie 10 ans...) ?

Un cadran d'horloge avec une aiguille identique est conservé dans l'Abbaye du Releq en PLOUNEOUR-MENEZ (A gauche).

Mise à jour 06 janvier 2014