Un scaphé au Village Gaulois

      Le Village Gaulois dans le Parc du Radôme à Pleumeur-Bodou (Côtes-d'Armor) vient de terminer ce qui est sans doute le plus grand cadran solaire de France en forme de scaphé indiquant les heures 3 heures de part et d'autre de midi. Il fait partie des trois cadrans solaires de la commune, avec ceux de l'église paroissiale et de la chapelle Saint-Samson remis en valeur ces dernières années.

      L'idée initiale est due à Jean-Marc Le Bail, fondateur du Village Gaulois en 1986, à la suite de l'observation de l'éclipse totale de soleil du 11 août 1999. Elle a mûri petit à petit et à la charnière entre 2012 et 2013, à l'occasion du remplacement d'un ancien bâtiment, la Maison du Druide a été construite dans ce but.

      Le cadran, fruit d'une collaboration entre J.-M. Le Bail et J.-P. Cornec, est unique en France dans son principe, par sa précision et par la réunion d'une fonction horaire et d'une fonction géographique.

      Ce cadran a pour surface une portion de sphère, de 9 mètres de large et 3 m de haut. C'est une partie d'une demi sphère. Il permet d'indiquer l'heure solaire environ 3 h de part et d'autre du midi solaire par une tache lumineuse, image du Soleil projetée par un œilleton de 5 mm fixé à 7 m de haut. Cette installation, à but ludique mais aussi éducatif, permet au public de se familiariser avec les questions de temps, d'astronomie et de calendrier. En effet, via un dispositif original, il lui est possible de retrouver l'heure de la montre à quelques secondes près, ainsi que la date du jour.

     Il fonctionne de 11h30 à 16h30, un peu plus un peu moins suivant la saison. La première tache lumineuse de l'année apparaît au sommet de l'écran vers le 8 mars, elle descend jour après jour vers le bas de l'écran qu'elle atteint au solstice d'été. Puis elle remonte et disparaît à nouveau vers le 1er octobre. 

     Le choix d'une surface sphérique est venu après un premier essai qui n'était pas satifaisant. La réalisation actuelle s'est révélée plus accessible au public, plus facile à mettre au point et plus esthétique.       

      Mais c'est aussi un cadran " géographique " puisque l'on peut relier en direct le déplacement de la tache solaire sur l'écran au déplacement du Soleil au dessus de la surface terrestre. De même qu'un objet placé sur l'écran sur l'image du Soleil voit celui-ci directement au dessus de lui : l'objet n'a pas d'ombre; de même il existe au même moment un point de la surface terrestre qui a le Soleil juste à son zénith : cet endroit est en Afrique entre l'Equateur et le Tropique du Cancer. Il est donc associé ici au cadran une grande carte de la partie de l'Afrique comprise entre ces deux parallèles. En effet la trajectoire de la tache les jours des équinoxes correspond à l'Equateur : le Soleil survole l'Equateur ces jours là. La trajectoire le jour du solstice de juin correspond au Tropique du Cancer : à nouveau le Soleil survole ce parallèle le 21 juin.

      Un ensemble de panneaux en explique le fonctionnement et l'usage. Il est complété par un "Couloir du temps" qui présente une histoire des cadrans solaires et de la place du temps chez les Gaulois.

      Pour des visites plus scolaires nous pourrons aborder des sujets tels que la mesure du temps, l'astronomie, le calendrier, la géographie, l'histoire, les taches solaires, la géométrie, l'optique gométrique, etc.

A suivre....